l'interview

 interveiwDialogues, entretiens, interviews: A l’origine de l’interview se situent les traditions philosophique et littéraire du dialogue et de l’entretien. En tant que procédé littéraire, le dialogue permet de mettre en valeur la dynamique de deux pensées qui s’affrontent. L’entretien, quant à lui, permet de valoriser la pensée d’un des deux interlocuteurs dont on cherche à connaître l’opinion. L’autre interlocuteur sert de faire-valoir; il organise et relance la réflexion, stimulant l’improvisation et nourrissant l’analyse.L’interview est une sorte d’entretien à vocation journalistique. Interview est un mot anglais qui est apparu dans la langue française à la fin du 19ème siècle. Son origine est elle-même un emprunt de l’anglais au français entrevue.Selon le dictionnaire Robert, l’interview « est une entrevue au cours de laquelle un journaliste interroge une personne sur sa vie, ses projets, ses opinions dans l’intention de publier une relation de l’entretien ».On voit donc que l’interview met, plus encore que l’entretien, en valeur la personnalité choisie. Les dialogues et les entretiens peuvent porter sur les sujets d’intérêt général, l’interview quant à elle révèle la subjectivité de la personne interrogée, son histoire, son opinion, son témoignage.

EXEMPLE:

C’est dans un café, à deux pas de la radio algérienne, lieu de son travail, autour d’un café, détendu et blagueur, Brahim H’mida, plus connu sous le nom de Brahim Irbanisator, 31 ans, s’est confié à El Watan Week-end. La nouvelle star du web et nouvelle icône des jeunes Algériens nous livre les secrets de fabrication de ses vidéos parodies des films occidentaux en dialecte algérien qui font rire des milliers d’internautes.

-Quand avez-vous commencé à parodier des vidéos sur le net ?

La toute première vidéo que j’ai parodiée remonte à novembre 2009, alors que les Algériens avaient attrapé la fièvre de football. L’envie de départ était d’exprimer mes propres sentiments envers l’équipe nationale et mon pays. Trois jours après avoir posté la vidéo sur Youtube, elle comptait plus de 200 000 visionnages ! Au début, cela m’a énormément étonné mais il s’est avéré par la suite que ça allait prendre des dimensions encore plus grandes.

-Est-ce cette notoriété qui vous a encouragé à réaliser d’autres parodies ?

En fait, j’ai suivi le mouvement. Il y a eu un suivi de l’équipe nationale, de son actualité, jusqu’à sa participation à la Coupe du monde. C’est à cette période là que j’ai découvert Facebook.

-Vous avez deux pages sur Facebook. Est-ce votre support premier pour diffuser des vidéos ?

 

Oui, Facebook est un réseau social dans lequel mes vidéos sont énormément partagées, mais je diffuse aussi sur Youtube. Ma page Fan Irban Irban regroupe plus de 90 000 fans, et je reçois énormément de messages de soutien et des remerciements des Algériens du monde entier, mais aussi des Tunisiens et des Marocains.

-Quel est votre objectif à travers vos vidéos parodiées ?

Je ne suis pas un donneur de leçons, mais je me suis rendu compte que mes vidéos avait un impact sur le public, donc, j’essaie de faire passer des messages avec subtilité et humour, et c’est ce qui plait à mes fans. Si j’avais pris un micro et parlé des problèmes de notre société d’une manière directe, je n’aurais pas eu autant de fans, ni autant d’impact.

-Quelle est la raison pour laquelle vous avez réalisé une parodie sous le nom de Sidi Yaya ? Un petit clin d’œil aux nouveaux comportements des jeunes Algériens ?

Oui, avant cette série j’avais parodié Twilight en Boualem et Aldjia et je n’étais pas certain que mes fans allaient aimer, car c’était très différent de mes premières vidéos. A ma surprise ils ont adoré, et en redemandaient tellement, que j’allais presque parodier tout le film. C’était devenu la série du Ramadhan sur le web ! Sidi Yaya est venu par la suite. C’est en regardant la série américaine Beverly Hills 90210 que j’ai eu l’idée de faire un hommage à Sidi Yahia, le quartier branché d’Alger. J’essaie de montrer aux jeunes dans quelle cité ils vivent, non pas de les critiquer, mais de les pousser à faire une autocritique dans la bonne humeur.S’il y a autant de personnes qui aiment mes vidéos, c’est qu’ils se reconnaissant dans les personnages. Dans leur quotidien, dans leur délires, mais aussi leurs défauts. D’ailleurs je m’inspire des gens de mon entourage…

-Donc, vous essayez de parler des problèmes du quotidien, de la société algérienne ?

Oui, exactement, des mariages hors de prix, du régionalisme, des nouveaux riches, des papiches, etc… mais sans oublier que le but premier est de faire rire !

Il y a beaucoup de groupes qui se créent sur Facebook, des plus sympathiques aux plus loufoques, comme «Pour que Irban Irban passe à la télé pendant le Ramadhan» ou bien «Brahim Irbanisator Président» 

J’ai constaté ce phénomène de groupes qui utilisent mon nom sans que j’en sois informé. Moi, je ne suis responsable que de mes deux pages. D’ailleurs, il y a même quelqu’un qui a même saisi cette occasion pour acheter un nom de domaine Irban Irban pour faire du business à mon insu…

-Avez-vous des projets de productions, sortir un peu des parodies et réaliser des courts métrages humoristiques ?

Je ne vous cache pas que je suis un peu pessimiste. Il faut des moyens, et pour le moment, je ne suis qu’un simple salarié à la radio. Je reçois d’ailleurs beaucoup de messages de fans qui me demandent de tenter de nouvelles choses, de créer de nouveaux personnages, des parodies plus longues, mais ce qu’ils ignorent, c’est que je travaille et qu’une fois chez moi, je me mets à travailler sur des vidéos avec des moyens rudimentaires qui consistent en un ordinateur tout déglingué, un casque micro, et de la musique, tout cela avec un logiciel que tout le monde peut avoir. Mon rêve ? Avoir une connexion Internet d’au moins 1 Méga. Je pense que je suis capable de faire de bons scénarios, mais je n’ai pas encore été approché pour une proposition sérieuse de collaboration. Je crois que de nos jours, il reste très difficile de développer ses capacités artistiques en Algérie, surtout quand on n’a pas d’argent.

-Des nouveautés bientôt sur Irban Irban ?

Oui, je lance ce week-end la première parodie de la série turque qui a séduit les foyers algériens, Nour, version couple algérien, avec son quotidien de tracas, d’humour de malaises... Je suis aussi sur le point de sortir un DVD sur le marché algérien, une compilation de toutes les parodies –environ 80- que j’ai réalisées à ce jour.

-Un message à faire passer à vos fans ?

je remercie beaucoup les personnes qui m’encouragent, et qui m’écrivent, je pense qu’avoir 90 000 fans sur ma page est extraordinaire, c’est justement pour ces gens-là que je réalise mes parodies, pour leur redonner le sourire, pratiquer l’autodérision. Je continuerai à créer des parodies jusqu’à ce que les gens me disent que cela ne les fait plus rire.

Nina Sellés el watan du 8/10/2010

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