vendredi, 13 novembre 2015 19:22

En ligne droite et hautes vagues Spécial

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Les chaussures pleines de sable, l’esprit désensablé et le cœur haletant de souvenirs ; revenir du pays de l’astre vermeil ; comme d’un pèlerinage ensoleillé en saison de pluie, troquant le crissement des feuilles mortes contre celui du silence aux échos vivants.
L’espace sans trait d’horizon emmène le regard plus loin que le vol du goéland par-dessus les océans et le silence laisse le vent emporter les pensées gémissant comme la flûte du berger dans la douce solitude de tous ses moments 

Les distances parcourues n’ont point d’importance, seul l’émerveillement fait tourner le « conteur » d’émotions.
Parsemés ici et là de quelques verts nourrissants aux rares âmes des lieux, la terre aux courbes avenantes décline ses méandres du jaune au rouge brique , baignant ses dunes ailées dans l’ocre changeant des vents : ici elles furent monts, ailleurs les souffles d’haleine les pousseront …et du matin au soir, du soir au matin comme le ruissellement d’une litanie, infatigables , elles s’en iront semer leurs grains volants.
Et de l’infiniment petit de l’Être, à l’infiniment grand du désert, se desserre et s’ouvre la cage d’où se libèrent des âmes discrètes, patientes, sobres et résignées à l’adversité et à la rudesse du temps. Ce temps qui passe lentement au gré des pas lourds de la caravane : puis apparait une palmeraie, comme une île au large de nulle part ; l’espoir du naufragé : de l’eau, des fruits : la vie ; et le regard s’en suit, ébloui par l’astre du jour qui se lève sur une main et se rendort sur l’autre, traversant sans tomber, sous l’œil attentif et vigilent du jongleur céleste qui jamais ne dort ; l’immense magie du paysage défilant paisible et serein comme le chant du bédouin qui monte au ciel en perpétuelles métamorphoses : note à note, flamboyant henné, mirage de blé doré ou bleu rosé, avant que ne tombe la longue et lourde chevelure noire du soir sur les épaules nues de l’aimée adulée, chantée : symphonie de lumière sur écran vibrant, haute résolution.
Promener le regard ici et là, en haut en bas, partout… promener ses pas, pas à pas, prendre une part de ce temps qui coule entre nos doigts comme le sable avant que ne passe le vent , effacer nos empreintes et garder dans les yeux les précieux cristaux du souvenir de ces lieux : y revenir ? Assurément ! S’y perdre un autre instant avant que ne se perdent au vent nos ans. 
Djelfa – Messaad – Guettara - Touggourt – Eloued en ligne droite et hautes vagues : Nora :9/10/15

Lu 515 fois Dernière modification le jeudi, 30 juin 2016 09:20

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