samedi, 21 avril 2012 09:06

Abderrahmane Djelfaoui , le mariage consommé entre l’image et le verbe Spécial

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phot

Né, en 1950 à Alger, Abderrahmane Djelfaoui est un artiste accompli et un humaniste invétéré. Après un diplôme en sociologie, il poursuit des études de cinéma qui lui permettent d’animer la cinémathèque algérienne et de réaliser des courts métrages pour la télévision. Journaliste, et animateur de manifestations littéraires et poètiques, l’extraordinaire poète a écumé son art marin et aérien pour le purifier de toutes les ombres de la ville.

« Un soupçon d'oubli

En onde d'éternité

Aérienne dune

Au cœur de la mémoire

Que serions-nous

Sans toi sinon l'écume d'ombre

De nous-mêmes ? »

Entre le cinquième et le septième art, Djelfaoui a navigué sans naufrages pour accoster en 2012 et en toute sobriété, sur les rives d’une mer vineuse.

« La journée a passé

Venteuse

Houle que je ne voyais pas

Ne savais pas

N’en sentant pas toute la mer

Détresse

Passée comme la larme passe

Ce soir la seule chose que je peux

Est de vous dispenser d’une rage

Antique »

L’ivrEscQ : Votre recceuil de poésie s’intitule « la mer vineuse(disait l’aveugle).Peut-on comprendre pourquoi ?

Abderrahmane Djelfaoui : Ce titre n’a vraiment rien d’énigmatique. Il cite juste des images qui ne cessent de revenir en leitmotiv dans l’Odysée,-cet immense poème des aventures dramatiques d’Ulysse dont le poète raconte le très long retour vers la terre natale à travers »les brumes des mers, « les mers infécondes, les mers de souffrances et de nauffrages », »l’mmensité de l’onde amère », »la mer violette » ou simplement « la mer vineuse » qui veut dire une traitrise que la mer offre à celui qui la charme. On n’a qu’à voir le nombre de naufrages comme le bateau de Tness, ou encore ce paquebot touristique italien qui heurte un rocher etc. Le périple plaisant devient un cauchemar ! Le poète c’est bien sûr ici Homère qui a vécuil y a près de 3000ans et dont le nom  en grec ancien signifie « L’aveugle ». En définitive, c’est une image de Homère qui me plait, un hommage.( entretien sur la revue L’ivrEscQ n°15){jcomments on}

PRINCIPALES PUBLICATIONS :

- Bab El Oued ville ouverte, Editions Paris Méditerranée, 1999.

- Maqamat de Jean-Paul Grangaud. Un itinéraire d’Alger à El Djazaïr, un récit de vie du professeur Jean-Paul Grangaud, pédiatre. Editions Casbah, Alger, 2000.

- Algeri separazione (Alger séparation), recueil bilingue de poèmes traduits du français en italien par Bruno Rombi. Editions Libroitaliano World, coll. Contemporary International Poets. Ragusa. Italie, 2002.

- Après sinistre déluge, recueil bilingue de poésie, traduit du français à l’arabe par Inam Bioud. Casbah éditions, Alger, 2002.

- Brisures, poème pour le catalogue de l’exposition « Les unes & les autres » de Michèle Testa Bory. Galerie ESMA/ Fondation Mahfoud Boucebci, Alger, 2003.

- Postface au livre de photographies: Algérie outre mémoire, de Mohand Abouda, éd. Rubicube, Alger, 2004.

- Ô ville de cent lieux ; ville noire : recueil de poésie Ed.Espace libre 2008

- Night watch , poèmes traduits à l’anglais par Andréa Moorhead, USA Ed Red Dragon Press 2009

- La mer Vineuse (disait l’aveugle)Ed. L.de Minuit 2012

Lu 10261 fois Dernière modification le jeudi, 04 septembre 2014 14:30
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