Mourad Brahimi... Plus qu'une empreinte digitale!

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"Les parfums d'armoise et de thym, me rappelleront toujours l'odeur des chemins qui mènent vers l'inconnu. Je m'en délectais ce matin de printemps, je savourais l'haleine fraîche des roses, l'arôme du café, les senteurs tièdes qui se répandent de maison en maison pour former cette émanation miraculeuse qui exalte l'âme, et enivre le passant..."


Mourad Brahimi est né le 15 mai 1955 à Tlemcen, diplômé de l’Ecole nationale d’administration.Rien dans la vie de cet énarque ne présageait de faire de lui un écrivain, si ce n'est l'injustice humaine génératrice de maux et de mots pour mieux  comprendre combien plus que l'injustice , la justice fait de victimes...et que  ceux là sont condamnés à perpétuité à la plus pernicieuse des geôles: l'incertitude.
Inculpé à tort  dans une affaire de détournement. Il raconte dans son livre intitulé  «Rien qu’une empreinte digitale», la terrifiante histoire qu’il a vécue au cours de sa détention provisoire.

Ce livre est écrit dans un style  fascinant cousu minutieusement de mots forts et d’expressions imagées,nous rendant vivants ses impressions et ses sentiments, l'atmosphère des lieux décrits, les bruits, les odeurs, rendant ainsi tout son intérêt à l’histoire racontée.Tel qu'il le dit lui-même: « Les histoires individuelles sont comme les   hirondelles qui ne font pas le printemps, elles ne font pas l’histoire et ne prouvent pas grand chose. Ce qui n’empêche que dans certains cas elles méritent d’être racontées et doivent l’être, car chacun doit savoir ce qui peut un jour lui arriver et se sentir solidaire profondément de celui qui a eu à se battre contre le malheur et l’injustice».

Non pas une autobiographie, mais  des événements qui ont été vécus par l’auteur qui raconte ses moments terrifiants de détention, ses souffrances physiques mais surtout morales, et aussi , puisque l'incongruité de la vie le veut; ses espoirs, malgré la rudesse de la vie carcérale et l'étendue de son incertitude, Mourad Brahimi , nous berce par moments dans une voluptueuse nostalgies des lieux où il fut pourtant heureux ...

"Les parfums d'armoise et de thym, me rappelleront toujours l'odeur des chemins qui mènent vers l'inconnu. Je m'en délectais ce matin de printemps, je savourais l'haleine fraîche des roses, l'arôme du café, les senteurs tièdes qui se répandent de maison en maison pour former cette émanation miraculeuse qui exalte l'âme, et enivre le passant. Livrés à l'enchantement, extasiés devant les délices infinis , mes sens négligeaient l'imperceptible sentiment de nostalgie qui, en s'insinuant au milieu des fééries, semblait me prévenir contre l'exil, comme si je m'apprêtais à quitter le pays ou que je me promenais dans ses rues pour la dernière fois."

Un tel incipit, ne laisserait indifférent aucun lecteur, et comme tous les auteurs algériens d'expression française, Mourad Brahimi, ne laisse pas indifférent par son style et sa sincérité, et bien plus qu'une empreinte digitale , il laissera incontestablement des traces dans les esprits et les coeurs des âmes bien nées!
  Nora {jcomments on}

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